Les maladies mentales touchent aussi les chiens


Les maladies mentales chez le chien existent et tout ceci m’amène à vous entretenir sur le rôle de « psychiatre – psychologue » que doit souvent jouer le médecin vétérinaire en pratique privée. Et oui, je vous entends déjà à la maison vous exclamer et vous étonner sur le fait que les chiens peuvent être, tout comme nous les humains, eux aussi sujets aux maladies mentales. Et oui ! Hélas ! Malgré le fait, qu’ils ne doivent pas aller travailler tous les matins, qu’ils n’ont pas les tracas financiers que nous pouvons avoir ainsi que tous les désagréments et le stress que la société moderne nous apporte et qu’ils mènent, comparativement à nous, une vie de « pacha », les animaux peuvent, eux aussi, être atteins de troubles psychologiques voir même psychiatriques.


En fait, les animaux sont bien différents de nous et nous avons une forte tendance à l’oublier ou à commettre de graves erreurs en tant que propriétaire de chien. Ces erreurs sont souvent causées par un abus d’anthropomorphisme et une méconnaissance des besoins et des processus de développement de ces derniers et peuvent donc mener au développement de troubles du comportement et même à certaines maladies mentales. Tout comme chez l’humain, ceux-ci peuvent être d’ordre comportemental et donc, par analogie avec la médecine humaine, relever de la « psychologie » ou encore d’ordre de la maladie mentale (dérèglement au niveau des molécules présentes dans le cerveau) et donc, encore une fois, par analogie avec la médecine humaine, relever de la psychiatrie.


En médecine vétérinaire, les problèmes similaires à ceux que traiteraient les psychologues relèvent des comportementalistes animal non vétérinaire alors que les troubles similaires à ceux que traiteraient les psychiatres, relèvent du vétérinaire. Bien souvent lorsque l’animal a un problème du comportement d’ordre psychologique (relèvent du comportementaliste non vétérinaire), la mauvaise compréhension de la nature de l’animal et des motivations de sons comportement par le propriétaire est la principale raison du problème. Malheureusement, il n’existe pas de formation reconnue en comportement animal et beaucoup se diront « spécialistes en comportement animal » sans même avoir reçu une quelconque formation à ce sujet. Par contre, et heureusement, il existe également des personnes consciencieuses qui auront suivi de nombreuses formations à gauche et à droite et dont les bases en ce qui a trait au comportement animal seront adéquates.


Ces dernières pourront vous aider à gérer adéquatement les problèmes comportementaux de vos amis à quatre pattes. Un bon comportementalisme animal (non vétérinaire) va chercher à comprendre les motivations et les mécanismes à l’origine des comportements inadéquats. Il lui faudra également mettre en perspective les différentes relations qui entourent l’animal en question : relation avec le maître, relation avec son environnement, etc. Il faut donc que le comportementaliste (non vétérinaire) analyse l’ensemble de ce qui entoure le chien pour permettre de comprendre les motivations et le fonctionnement du chien dont les comportements sont inhérents et vous montre comment changer le comportement de l’animal par du renforcement positif, afin d’éviter les désagréments de ceux-ci.


Mais, tel que mentionné précédemment, les maladies mentales existent aussi chez le chien. Même si l’environnement contribue au développement de ces dernières, une base génétique demeure indéniable. En effet, la recherche met en évidence qu’environ 10% des chiots présenteraient des comportements atypiques dans leur jeune âge qui pourrait être précurseur de problèmes de comportement à l’âge adulte lié au développement d’une maladie mentale. Les maladies mentales de l’animal ont donc une composante génétique et environnementale, tout comme ceux des humains. Une prédisposition génétique, lorsque renforcée ou mise dans un environnement adéquat à l’expression de celle-ci, enmgendre le développement d’une maladie mentale.


La science qui étudie les maladies mentales chez le chien est encore jeune. Les médecins vétérinaires travaillant le comportement animal ne s’entendent encore pas tous sur les termes à utiliser et la classification de ceux-ci. Peu importe la classification, une chose sur laquelle tous s’entendent, est qu’il existe des maladies mentales chez le chien. Les chiens atteints de maladies mentales ne possèdent donc pas une chimie cérébrale normale… C'est-à-dire que, tout comme chez les humains souffrant de problèmes psychiatriques, les molécules et les contacts nerveux au niveau du cerveau sont déréglés comparativement aux autres chiens. Certains classifieront le comportement en « comportement normal » et « comportement anormal » (comportement normal suit une séquence comportementale normale alors que le comportement anormal subit une coupure dans cette séquence).


D’autres classifieront les pathologies en différents troubles : troubles de l’humeur (dépression, exaltation, irritation, qui peuvent être unipolaires ou bipolaires), troubles avec dissociation (comportement hallucinogène et stéréotypé : le syndrome dissociatif qui est le penchant canin de la schizophrénie humaine en est un exemple), troubles de la personnalité (dyssocialisation primaire, exemple : un chiot qui n’a pas appris à communiquer correctement avec ses congénères), troubles organiques (dysfonctionnement de l’organisme, qu’il s’agisse d’une dysfonction organique primaire telle qu’une altération du cerveau primaire ou secondaire à un autre désordre de l’organisme; exemple : la dysfonction cognitive du vieux chien), troubles factices (symptômes provoqués ou stimulés par des comportements volontaires; exemple : un chien qui recherche continuellement de l’attention en raison du fait que ce comportement est renforcé souvent involontairement par son propriétaire), troubles sexuels (exemple : imprégnation hétérospécifique, hyposexualité et hypersexualité), troubles du sommeil, troubles anxieux, etc.


Si votre chien souffre de problèmes de type « maladie mentale », votre vétérinaire pourra le traiter médicalement si celui-ci se sent à l’aise de le faire tout en vous référant un comportementaliste animal non vétérinaire dans le but d’entreprendre une thérapie du comportement (comme chez les humains avec un psychologue) en même temps.


Fiez-vous aux recommandation de votre vétérinaire à ce sujet, car votre comportementaliste non vétérinaire doit avoir de bonnes bases en comportement animal et travailler adéquatement. Si votre vétérinaire ne se sent pas à l’aise de traiter médicalement votre animal, il vous référera un vétérinaire s’étant spécialisé dans le domaine (un vétérinaire spécialiste en comportement animal) qui pourra médicamenter adéquatement votre animal.


En conclusion, les maladies mentales chez le chien, nécessitant une médication visant à modifier la chimie du cerveau de l’animal, existent tout comme chez les humains. Ces problèmes doivent être redressés conjointement au moyen d’une thérapie comportementale et d’une médication. Il faut faire la différence entre un problème relevant d’un comportementaliste non vétérinaire (analogue à un psychologue pour humain) versus un problème relèvent du vétérinaire spécialiste en comportement (analogue à un psychiatre pour humain).


La meilleure personne pour faire cette différence est votre vétérinaire qui pourra vous rediriger vers les bonnes ressources. Le comportementaliste animal non-vétérinaire qui accompagnera ou non d’une médication prescrite par un vétérinaire ce doit d’avoir d’excellente basse en comportement animal et de travailler de la bonne façon, au risque d’exacerber le problème de votre animal.

logo-facebook.png

Charles Vétérinaire
Propriétaire de la Clinique vétérinaire rue Ontario inc.
(514) 442-7010

charlesveterinaire@gmail.com

1205, rue Ontario Est, Montréal, QC, H2L 1R4

© 2020 Charles Vétérinaire. Tous droits réservés.